La race Brahman en Guyane, un choix pour l’élevage bovin

9 mars 2024

D’après le site Races de France, la rusticité de la race Brahman et son adaptation aux zones chaudes et humides en font l’animal d’élevage de prédilection en Guyane et Martinique.

Il peut être croisé avec différentes races bovines allaitantes : la rusticité du zébu associée à la conformation des taurins donne alors de très bons résultats ce que nous pouvons effectivement vérifier tous les jours dans élevages. 

De caractère vif, elle est également  très maternelle et montre de très bonnes performances d’allaitement dans des systèmes de « ranching » comme ceux qui se sont développés en Guyane. Le Brahman n’est cependant pas arrivé de suite et l’histoire bovine de la Guyane doit être rattachée à celle de la zone Caraïbes Amérique. 

Ainsi , « les premiers animaux introduits étaient d’origine ibérique dans la zone caraïbes Amérique. Mais en fonction de l’histoire coloniale tourmentée de la région, les populations d’origine ont ensuite connue une histoire complexe (Maillard et Maillard, 1998 ; Lucero et al., 2010). Elles ont ainsi donné naissance à un grand nombre de races, regroupées au sein du rameau des races Créoles, présentes dans toute la région Amérique-Caraïbe (FAO, 2008).

Ces races Créoles se sont différenciées sous l’influence de facteurs divers : métissage avec des races d’origine diverse, sélection naturelle influencée par le milieu ambiant, et orientation dictée par l’homme en fonction des usages. Un des facteurs déterminants pour la Caraïbe et certains pays d’Amérique Latine est le « commerce triangulaire » avec les comptoirs d’Afrique de l’Ouest, simultanément à la « traite ». Il s’est traduit par des introductions récurrentes d’animaux domestiques issus d’Afrique de l’Ouest, entre le XVI° et le début du XIX° siècle (Maillard et Maillard, 1998).

Génisses vêlage

On retrouve ainsi une forte composante génétique d’origine africaine dans les races ovines à poils de la Caraïbe (Black Belly, Pelibuey), chez les chèvres Créoles des Antilles (Pépin, 1994), et chez le bovin Créole de Guadeloupe (Naves et al., 2001a ; Miretti et al., 2004), et jusque chez les races locales du Brésil (Liron et al., 2006 ; Mariante et Cavalcante, 2006 ; Ginja et al., 2010).

Des échanges ont également eu lieu entre les îles de la Caraïbe et avec le continent Américain, au Nord comme au Sud. (Maillard et Maillard, 1998 ; Lucero et al., 2010). 

A partir du XIX° siècle, des introductions de zébus indiens et plus récemment de races européennes sont venues modifier le cheptel bovin de la région Amérique – Caraïbe, avec la mise en œuvre de croisements plus ou moins organisés. On dénombre ainsi dans la région des races zébus développées localement (Brahman, Nelore, Gyr,…), et des races composites issues de croisements entre races Créoles, taurins européens ou africains et zébus (Jamaica Hope, Santa Gertrudis, Siboney,…), qui occupent une place importante dans les différents pays (Mariante et Cavalcante, 2006 ; Naves et al., 2001a).

En revanche, les introductions d’animaux de races pures spécialisées d’origine tempérée ont généralement peu de succès, du fait des contraintes de l’environnement tropical (Mirkena et al., 2010). Les conditions naturelles du milieu tropical ont en effet un impact important, lié à l’influence directe du climat (température et humidité), mais aussi à travers les ressources alimentaires disponibles, le parasitisme ou les maladies présentes.

Face à ces contraintes, les populations animales locales ont en général développé des capacités d’adaptation très importantes (FAO, 2008 ; Mirkena et al., 2010). » (extrait de Les races animales locales : bases du développement innovant et durable de l’élevage aux Antilles Naves M., Alexandre G., Mahieu M., Gourdine J.L., Mandonnet N.* 1, UR 143, INRA Domaine Duclos, 97170 Petit-Bourg)

Aujourd’hui la SCEBOG travaille sur deux axes afin d’assurer le renouvellement du cheptel guyanais :

  • un axe génétique afin de pouvoir importer de la génétique du Brésil, d’Amérique du Nord ou d’Australie en Brahman et assurer le renouvellement du sang de notre cheptel. Cela ne pourra se réaliser qu’au travers de l’obtention d’une dérogation pour l’import de semences de taureaux Brahman, Nélore, Gir. L’axe génétique consiste également à apporter de la génétique avec des qualités bouchères plus prononcées pour satisfaire les marchés. Le tout est de pouvoir gérer un schéma génétique cohérent de façon collective entre les éleveurs et à l’échelle du territoire
  • un axe technique, d’amélioration de l’équipement et des compétences de nos élevages. Sans corral fonctionnel, sans équipement de contention, sans animaux en état, les inséminations artificielles ne peuvent réussir. Nous essayons donc d’accompagner nos éleveurs adhérents et sympathisants sur cette voie. Vous pouvez d’ailleurs consulter les pages consacrées aux résultats de l’étude repro bovin (lien) sur notre site.

Vous êtes intéressés par la génétique bovine, vous souhaitez changer vos modes de production pour améliorer vos performances de reproduction en élevage bovin, appelez notre technicien : Daly CHERIF, 06 94 13 32 02, elevagebovin@scebog.com

En lire davantage

Nos autres articles