Calculer son indice de consommation pour réduire sa facture d’aliment en porcin

7 octobre 2022

L’indice de consommation permet de mesurer l’efficacité de votre aliment en kg de porc produit. Généralement, cet indice fait le rapport entre la quantité d’aliment consommé et les kg carcasses produits. 

Avec un aliment au prix élevé, gagner en indice de consommation, c’est réduire sa facture d’aliment et gagner en rentabilité. Il n’existe pas de références dans les élevages guyanais concernant sur cet indicateur. Les réseaux de fermes de références pilotés par l’Institut de l’Elevage donnent cependant des éléments pour les élevages de Guadeloupe et Martinique.

Ainsi dans des exploitations standard (40 truies en système naisseur engraisseur et 20 porcelets sevrés par an et par truie), l’indice de consommation global oscille entre 3,7 (Guadeloupe) et 4,2 (Martinique) en conjoncture 2020. Il faut donc 3,7 à 4,2 kg d’aliment au total sur l’atelier pour produire 1 kg carcasse de porc. 

L’indice de consommation technique sevrage – vente dans ces exploitations standards est de 3,10 (Guadeloupe) et 3,49 (Martinique) (conjoncture 2020). Il faut donc 3,10 à 3,49 kg d’aliment donné au porc entre son sevrage et la vente pour produire un kg carcasse de porc charcutier. 

Ce second indice est sans doute plus facile à calculer chez chacun et est un bon indicateur de performances des ateliers porcins. Notre équipe technique peut vous aider à calculer ces ratios et identifier les pistes pour les améliorer rapidement. 

Les pratiques gagnantes pour améliorer votre indice de consommation :

En novembre 2021, Réussir porc avait toutefois sorti un article identifiant dix pratiques gagnantes pour améliorer l’indice de consommation des porcs en engraissement. Cet article était rédigé à partir de l’analyse d’EVEL’UP auprès de 25 éleveurs performants.

En voici un bref résumé à relativiser, il s’applique au contexte de France hexagonale, ces préconisations de bon sens peuvent toutefois tout à fait s’adapter à notre contexte  : 

  • Renforcer la cohérence de l’élevage en limitant les mélanges d’animaux au maximum 
  • Favoriser l’adaptation en post sevrage, éviter les surcharges à ce stade avec un accès à de l’eau « propre » facile pour tous les porcs et apporter un aliment régulièrement (2 fois par jour la 1ère semaine); Les pratiques sanitaires (vaccinations, soins) sont également primordiales à ce stade. 
  • Stimuler la consommation en début d’engraissement, « Favoriser la consommation au démarrage est essentiel pour améliorer l’IC, car tous les kilos qui ne sont pas faits au début devront l’être en fin d’engraissement ». Il faut renforcer cette mesure en maintenant une surface d’au moins 0,7 m² par porc dès l’entrée en engraissement, en contrôlant, nettoyant, réparant régulièrement les équipements de distribution d’aliments (bourrage, aliment non consommable…), en adaptant les formules utilisées et les quantités distribuées en fonction des poids d’entrée et des stades d’engraissement, en réalisant un tri successif en fin d’engraissement pour sortir les animaux au meilleur poids. 

Enfin, n’oublions pas que tout notre aliment est importé qu’il le soit en aliment fini ou en matières premières à transformer. Dans un contexte d’explosion des prix des matières premières, les éleveurs les plus résilients depuis deux ans en métropole sont ceux qui ont développé leur autonomie alimentaire. Les FAFeurs comme on les appelle, produisent bien souvent la totalité des céréales consommées dans leur élevage. Ils recherchent également des solutions d’apport en protéines pour diminuer leur dépendance au soja. 

Nous l’avions évoqué dans un article précédent, en Guyane, des solutions existent pour développer votre autonomie. L’institut IKARE avait ainsi développé des rations à base de bananes, manioc doux ou canne à sucre. Il faut cependant analyser la situation de votre élevage, vos capacités à produire ces cultures et les conditions de production, récolte, transformation, distribution en aliment chez chacun afin de bien prévoir leur mise en place pour ne pas pénaliser le fonctionnement de l’exploitation. 

Table d'alimentation des porcs à partir de bananes (IKARE, INRA Guadeloupe)
Table d’alimentation des porcs à partir de bananes (IKARE, INRA Guadeloupe)
table d'alimentation à base de jus de canne, IKARE, Xandé, 2015
Table d’alimentation à base de jus de canne, IKARE, Xandé, 2015
Table d'alimentation des porcs à partir de manioc doux (IKARE)
Table d’alimentation des porcs à partir de manioc doux (IKARE)

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